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jeudi 18 juin 2009

Leigh Stephens - Red Weather (1969, Philips PST 5107)



Revoilà ce bon Leigh Stephens, encore un tour sur la platine ! En guise de bio rapide, disons que Leigh Stephens est l'homme qui a fondé Blue Cheer avant de s'en faire débarquer par ses confrères bien défoncés... En 1967 il fonde donc le combo de hard Blue Cheer dans la baie de Frisco avec Dickie Peterson et Paul Whaley ; ensemble ils sortent 2 brûlots fondus dans le plomb et qui ne prennent pas une ride plus de 40 ans après, à savoir Vincebus eruptum et Outside/inside. Peu enclin aux drogues dures qui sévissent dans le reste du groupe, Leigh s'en plaint au manager qui - outre d'être le dealer du groupe - le vire tout simplement ! Pas grave, Leigh qui n'est pas du genre à se pencher la larme à l'oeil sur le passé va tracer sa route, en musique et en arts graphiques.

Pas contrarié pour un sou, Stephens se taille en Angleterre en 68 où le rock lui plait, et où il fait de belles rencontres : Jeff Beck, Rod Stewart, Nicky Hopkins et Mick Waller, s'il vous plait ! Il se met alors sur l'écriture de son opus solo, Red Weather, qui sera discrètement distribué par Philips. Génialissime melt de blues, de pop psyché et de rock péchu, Red Weather est surement la perle de la discographie de Leigh Stephens, bien devant les précités albums de Blue Cheer, ainsi que le reste de ses réalisations.



L'album s'ouvre sur Another dose of life, un blues rock bien roulé, lent et mélodieux, très typé par les productions anglaises de l'époque. On y décèle toutefois des réminiscences de son ancien groupe derrières quelques coups de manches bien torchés, disto rugueuse et aggressive. Le morceau suivant (notamment) qui s'intitule Drifting suggère une forme proto-prog de pop subtile, limite cabaret jazz, dans lequel Nicky Hopkins met tout son groove en oeuvre. Planant. Dans un style limite progressif aussi, If you choose to sur la seconde face, bien que plus rock, met encore à l'honneur le talent de Nicky.

Dans un style plus familer du taulier, Indians et I grow higher sonnent bien plus blues et rock, avec de nombreux breaks, ponts et autres subtilités qui font de cet album tout entier un disque proto-prog sans délaisser le blues de l'homme ! Deux titres réussis qui finissent dans des jams et des expérimentations sonores un peu longuettes et déroutantes, mais pas dénuées d'intérêt créatif. On arrive ensuite au vrai joyau de l'album, le titre éponyme qui ouvre la face B, blues tortueux qui mise sur la guitare savante et néanmoins généreuse de Leigh Stephens ; une brise de psychédélisme californien souffle sur la Tamise et nous emporte durant un peu plus de 3 minutes dans un trip embrumé. Une pure réussite.

La fin de l'album, les deux derniers titres donc, qui sont Joannie Mann et Chicken pot pie, ouvrent la porte à une expérimentation destructurante, toujours autour du blues, auquel le groupe intègre les éléments qui ornent le reste de l'album, pop progressive, guitares saturées, mélodies dégringolantes et breaks psyché. Le premier des deux fait limite penser à une version sous acid de morceaux stoniens période Beggars banquet ou Let it bleed, pendant que le second s'apparente carrément à une jam entre le Jeff Beck Group et les Beatles (surtout pour les arrangements).



Il existe apparement 3 éditions originales (minimum) de Red Weather, une américaine PHS 600-294, une anglaise SBL 7897, et une sud-africaine PST 5107. Pour une raison que je ne m'explique pas (!!) c'est cette dernière, moins courante, que j'ai dégotté chez un hollandais l'an passé... Malheureusement la pochette a un peu morflé, bien ridée et jaunie ; mérite un brave VG-. Le disque quand à lui a aussi subi les outrages du temps. Il présente de vilaines rayures de surface, craque par endroits mais ne saute pas. Un bon VG-/VG quand même, mais du coup il perd les 2/3 de sa valeur qu'on peut estimer aux alentours de 100 ou 120 euro en bon état. Celui que je présente vaudra bien néanmoins dans les 35 ou 40 euro. À noter la réedition LP par Akarma de 2005 (qui fait habituellement du bon boulot...)

samedi 12 avril 2008

William Truckaway - Breakaway (1971, Warner K 44165)



Si vous cherchez des informations sur William Truckaway, vous allez vite découvrir que ce beau barbu se dissimule derrière un pseudonyme; son vrai nom étant Sievers. Parlons donc de William Sievers ! William Sievers est guitariste chez Sopwith Camel en 1967, et il participe donc à l'enregistrement de leur album éponyme. Sopwith Camel est le second groupe de la Bay à signer un contrat avec une major après les Grateful Dead, et ils jouissent d'une extrême popularité : ils jouent un style proche des Lovin' Spoonful, fait de pop subtile et fleurie (et enfumée d'ailleurs) et d'un mélange de folk psychédélique ou désuet.
Finalement, les nombreuses frustrations individuelles auront raison du groupe et les membres se séparent. William Sievers se tourne vers la production tout en continuant à participer à quelques sessions de ça, de là ; il jouera notamment quelques plans de synthé sur "Oh ! Pleasant hope" de Blue Cheer en 71. Cette même année, il enregistre son unique album solo, Breakaway pour Warner, produit par Erik Jacobsen, une vieille connaissance de la période Sopwith Camel.



Son album est donc vaguement dans la lignée des années Sopwith Camel, l'insouciance en moins et la technique en plus. Les amateurs de blues-rock spontané et animal détesteront (je préfère prévenir). La production est assez classieuse, les plans de gratte ou les synthés sont très clean, et tout est overdubbé. A noter la participation à l'enregistrement du batteur de Sopwith Camel, Norman Mayell, ainsi que Terry Dolan à la 12 cordes (futur Terry and the pirates) sur le titre I go slow.

C'est le titre Breakaway qui ouvre l'album, guitare à forte reverb et synthé, vibrato à fond. C'est une ballade pop/folk dans un style bal de foire dans l'Oklahoma ou le Kansas. Étrangement, ce titre sonne presque années 80. Les titres suivants Hard, cold, city life et Way to my heart virent franchement country avec l'harmonica et la slide débrayée au max ! ça rappelle Poco dans les années qui suivront. Send me some prend une tournure beaucoup plus pop, et l'ajout de choeurs subtils et de percus anodines, de même que cette flûte guillerette, font sautiller de joie; une joie enfantine et rassérénante. La première face s'achève sur un nouveau morceau aux contours country/pop, beaucoup de reverb et des refrains qui vous font remuer les éperons ! Et pour couronner le tout, un petit plan de violon vient achever le titre (et l'auditeur, non je blague)
La seconde face ouvre sur un morceau de pop rythmé, piano et batterie en quiconce, se calant l'un sur l'autre; un petit coté Elton John des débuts assez surprenant, accompagné de choeurs enjoleurs. I go slow qui suit étonne aussi, avec sa sitar et ses percu afro/indiennes. La voix de Sievers, d'abord rauque se fait suave pour mieux se fondre dans le tempo lent du morceau. On continue le tour du monde pop avec Where's my baby et son pizzicato de violon façon orchestre slave, ses mélodies "Lennoniennes" et ses couplets enlevés. Ce titre sonne franchement moderne par rapport au reste de l'album : une pépite à l'état brut ! Soundaround poursuit sur un genre de world et de country, un piano et un phrasé de western, un titre de folklore acadien qui surprend et qui laisse perplexe tant il semble là pour déranger : il dure 2 minutes 17 secondes et se conclue par un solo de guimbarde !! Bluegreens, le single qui a précédé la sortie de l'album (et qui a connu un certain succès en France) ressemble étrangement à un morceau des Beach Boys qui se parodieraient; une rythmique surf, des clap-clap, des choeurs féminins et des sha-la-la, un coup de Moog pour dérouter l'auditeur... une parodie, mais plutôt entrainante, basée selon l'auteur sur la philosophie de vie inspirée par Winnie the Pooh (himself). L'album s'achève sur une adaptation country/pop, voire même un peu gospel, du traditionnel Leave it there; Un coté Lynyrd Skynyrd à la cool pas forcément déplaisant.



C'est un pressage US qui tourne sur ma platine, et comme vous pouvez le constater, c'est Reprise qui distribue le disque. Il est NM (disque et pochette) et pourtant je ne m'aventure guère à ce genre d'évaluation; mais là, c'est sidérant : pas une ride, pas une égratignure, le label rutile !! bon, il est plus que nickel.
l'album n'est pas fulgurant, surement pas indispensable, mais tout de même intéressant - surtout pour sa deuxième face déroutante - et cote plus par sa relative rareté que pour son intérêt musical. Très peu de traces de ventes de cet album, sinon sur des plateformes genre ebay (tantôt 10£, tantôt 30£) ou CDandLP, à des prix de la même envergure.
Moi je lui attribue une cote de 20 euro parce que je l'aime bien et qu'il est comme neuf, mais les estimations de disques... c'est pas ma spécialité, même si je m'y essaye !
à écouter, la face B de l'album (cachée dans le titre de l'article ;-)

vendredi 3 août 2007

Tommy James & The Shondells - Cellophane Symphony (1969, Roulette SR-42030)



Dans la série "l'album Bubblegum-rock qui n'en est pas un", voici la pièce incontournable (avec 'Hanky Panky' peut être) de l'oeuvre de Tommy James & The Shondells, qui dès la formation du groupe en 1960 jouent une pop mi sunny-mi bubblegum en reprenant des tubes des 50's et signe en 66 chez Roulette. Entre 1966 et 1969, ils signent 14 hits dans le top 40 du Billboard, et vendent même aux US plus de 45 tours que les Beatles en 1968/69. Le groupe devait se produire à Woodstock, mais leur manager qui prévoyait un fiasco dans un bled de bouseux refusa de les y envoyer... on ne peut pas dire que ce gars ai eu le nez creux. Une "légende urbaine" prétendait que 'Cellophane Symphony' était le premier enregistrement musical sur lequel on pouvait entendre un Moog, légende vite démontée par certains mélomanes ou amateurs de ce modèle de synthé.



Cet album sonne plus expérimental que les précédents du groupe (notamment sur le titre éponyme qui est la pièce maitresse de l'album et qui rappelle les premiers Pink Floyd !) ; c'est le succès de 'Crimson & Clover' sorti début 1969 qui a permis à Tommy James de s'aventurer dans une expérimentation musicale. Cette tournure artistique a choqué certains fans, alors que la plupart des titres du groupe étaient auparavant signés par des auteurs/producteurs (Dont Joey Levine et Richie Cordell précedemment cités, le dernier ayant encore largement contribué à l'écriture de 'Cellophane Symphony'). Le reste de l'album est tout de même nettement plus pop, avec parfois des ambiances cajun ou country (Papa Rolled His Own, I Know Who I Am), de soul enrobée de chorus féminins qui rappelle Marvin Gaye à la Motown (Loved One), ainsi qu'une superbe balade (Evergreen).


Voici donc le pressage français avec sa pochette en saturation de noir et de blanc sorti en 1969 chez Roulette sous la référence SLVLXR.417 et distribué par Vogue (qui "dealait" pas mal de bons albums cela dit en passant). A part un nom au dos et une légère déchirure sur la tranche, la pochette est belle et mérite une cote VG ; le disque qui présente quelques rayures d'usage sans incidence sur l'écoute mérite lui un VG+. Il cote probablement entre 50 et 70 euro en excellent état. Pour le découvrir, en téléchargement ici (password: Liverpool).

mardi 31 juillet 2007

Crazy Elephant - Crazy Elephant (1969, Bell 6034)



Encore le seul album (qui n'en est pas un) d'un groupe (qui n'en est pas un non plus) sans lendemain, monté de toute pièce par des producteurs de musique ; Le couple Jerry Kasenetz/Jeff Katz construit autour de Robert Spencer (ex-Cadillacs) le groupe Crazy Elephant pour lequel ils ecrivent une série de titres. En 1968 et 1969 le groupe sort une demi-douzaine de singles, dont le plus connu "Gimme Gimme Good Lovin' " (signé Joey Levine et Richie Cordell) atteint la 12ème place au billboard US en Mai 1969.




C'est d'après certains sites un des meilleurs albums de Bubblegum-rock de l'époque, mais il ne sonne pas franchement Bubblegum ; il mélange plutôt l'acid, la pop et un peu de hard rock dans des ambiances parfois baroques ; La reprise du "Respect" de Otis Redding rappelle tour à tour Vanilla Fudge ou la Holding Company. En 1970, le groupe est dissout car Bell ne veut pas renouveler leur contrat, après avoir compilé leurs singles en un unique LP éponyme sorti fin 1969.


Le disque ici présenté est le pressage français sorti en 1969 et distribué par Pathé/EMI sous la référence 2 c 062-90564. La pochette est en excellent état ainsi que le disque qui n'a pas de grosse rayure (son impeccable). Sa rareté (vu son échec commercial) m'indique une valeur dans cet état d'environ 50 euro. Un bon rip de vinyl (mais pas le mien) disponible en téléchargement ici.

dimanche 8 juillet 2007

The Beach Boys - Pet Sounds (1966, Capitol T-2458)




L'année 1966 a vu fleurir des bijoux de la pop et du rock, et les Beach Boys, qui règnent alors sur la vague surf made in U.S.A. nous gratifient là d'un monument. Leur image un peu superficielle de groupe à midinettes et de vendeurs de 45 pour teenagers commence à excéder Brian Wilson, qui écoute en boucle le Rubber Soul des Beatles ; il veut écrire une oeuvre forte et contemporaine, majeure et symphonique dont tout le monde se rappellera.

Ce disque est aujourd'hui un classique incontournable, une pierre angulaire de la pop, qui aura influencé des générations entières de musiciens ; le non moins fabuleux Sergent Pepper's... des Beatles (encore eux) est directement inspiré du boulot de Wilson, et la légende veut que Paul McCartney ai déclaré que "God Only Knows" était la plus belle chanson d'amour jamais écrite !

L'exemplaire que je vous présente est le pressage français mono de 1966 ; la pochette est VG, un peu cornée et déchirée sur 1cm sur le verso ; le disque est EX, passe superbement et le label est très beau, les couleurs sont restées très vives !

Je lui attribue une cote raisonnable de 60 euro vu l'état un peu limite de la pochette...

Vous trouverez ici une critique assez bonne et complète, et merci à Lou pour le lien vers Popsike, ça donne une idée des prix de référence (même si c'est 80% de vinyls UK)